Histoire
Le 29 mai 2025, à Abidjan, les regards de toute l'Afrique sont tournés vers les 60es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD). Les gouverneurs représentant les 81 pays membres se réunissent pour élire le successeur du président nigérian Akinwumi Adesina. Cinq candidats sont en lice, mais cette élection va entrer dans l'histoire par sa rapidité.
Le futur président doit obtenir une double majorité : celle de l'ensemble des actionnaires de la BAD et celle des pays africains. Alors que l'on s'attend à de longues heures de tractations nocturnes et à de multiples blocages, le scrutin prend une tournure d'une rapidité inédite. Porté par une intense campagne diplomatique menée par le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, avec l'appui du président ivoirien Alassane Ouattara, le Dr Sidi Ould Tah s'impose immédiatement comme le candidat du consensus.
Les deux premiers tours de scrutin écrèment les candidats, ne laissant en lice que les favoris. Au troisième tour, le couperet tombe avec une clarté limpide, signant l'une des élections les plus courtes de l'histoire de la banque. Le Zambien Samuel Maimbo, pourtant solide vice-président de la Banque mondiale, et le Sénégalais Amadou Hott s'inclinent face à la déferlante. Le triomphe du Dr Sidi Ould Tah est total. Il récolte 76,18 % des voix globales, un record historique absolu pour un premier mandat. Le consensus continental est scellé par un score fleuve de 72,37 % des suffrages spécifiquement africains.
Ancien ministre mauritanien de l'Économie et fort d'une décennie couronnée de succès à la tête de la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA), le Dr Sidi Ould Tah a convaincu par son profil de technicien chevronné. Sa nomination ouvre une nouvelle ère pour la BAD, désormais dotée d'un leader plébiscité par l'Afrique et ses partenaires internationaux pour relever les défis de la transition climatique, de l'endettement et de la souveraineté économique.
Leçons à tirer
L’élection éclair du Dr Sidi Ould Tah démontre qu’au-delà des compétences techniques, l’accession à la tête d'une grande institution multilatérale exige une synergie diplomatique stratégique de haut niveau. Elle prouve qu'un profil de consensus, soutenu par des leaders régionaux clés, permet de transcender les clivages géographiques et d'unifier actionnaires africains et internationaux autour d'une vision commune.
Sources
https://www.youtube.com/watch?v=ghatpESSeuY
https://www.linkedin.com/company/african-development-bank/?originalSubdomain=fr
https://forbesafrique.com/sidi-ould-tah-une-main-de-fer-dans-un-gant-de-velours/

