Accusé d’avoir organisé une vente illégale d’armes vers l’Angola via sa société commerciale internationale Gaydamak Trading, pour environ 790 millions de dollars, l’homme d’affaires Arkadi Gaydamak a été condamné en 2011 à trois ans de prison ferme
Arkadi Gaydamak est un homme d’affaires russo-israélien qui s’est imposé dans les années 1990 grâce à des activités commerciales internationales menées dans des contextes géopolitiques instables. Proche de certains cercles politiques et militaires, il a développé des affaires en Afrique et en Europe de l’Est, profitant des zones grises entre commerce légal, diplomatie et conflits armés.
Au milieu des années 1990, l’Angola est plongé dans une guerre civile particulièrement violente entre le gouvernement en place et le mouvement rebelle de l’UNITA. Malgré un embargo international sur les armes, le régime angolais cherche à se réarmer rapidement pour reprendre l’avantage militaire. C’est dans ce contexte que se met en place un vaste réseau de fourniture d’armes contournant les sanctions internationales.
Selon l’enquête judiciaire, Arkadi Gaydamak, via sa société Gaydamak Trading et en lien avec d’autres intermédiaires, aurait joué un rôle clé dans l’organisation de ventes massives d’armes à destination de l’Angola. Les contrats portaient sur des chars, des hélicoptères, des munitions et divers équipements militaires, pour un montant estimé à environ 790 millions de dollars.
Ces transactions auraient été financées par des mécanismes complexes mêlant banques étrangères, sociétés écrans et compensations via des ressources naturelles. L’objectif était de masquer l’origine des fonds et de contourner l’embargo imposé par la communauté internationale. Pendant plusieurs années, ces opérations seraient passées relativement inaperçues, protégées par le secret et des complicités multiples.
L’affaire éclate au grand jour à la fin des années 1990 et donne lieu à une longue enquête judiciaire, notamment en France. Ce dossier, souvent appelé « Angolagate », met en cause plusieurs personnalités politiques, hommes d’affaires et intermédiaires internationaux. Arkadi Gaydamak est identifié comme l’un des principaux acteurs économiques du réseau.
Après de nombreuses années de procédure, la justice française rend son verdict en 2011. Arkadi Gaydamak est reconnu coupable d’avoir participé à une vente illégale d’armes vers l’Angola. Il est condamné à trois ans de prison ferme, ainsi qu’à des sanctions financières, marquant une étape importante dans ce scandale politico-financier.
Cette condamnation symbolise la volonté des tribunaux de sanctionner les violations des embargos internationaux et les dérives du commerce d’armes. L’affaire Gaydamak reste aujourd’hui un exemple marquant des liens troubles entre affaires, conflits armés et intérêts politiques, et illustre les conséquences judiciaires que peuvent entraîner ces pratiques à long terme.
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Sources :
https://www.liberation.fr/france/2015/11/25/arcadi-gaydamak-la-case-prison_1416132/

