Histoire
Fondé en 1860 aux Pays-Bas, Imtech devient au fil des décennies l’un des plus grands groupes européens de services techniques et d’ingénierie, actif dans les domaines de l’électricité, de la climatisation, des infrastructures et des technologies industrielles. En 2013, le groupe emploie plus de 22 000 personnes, opère dans plus de 20 pays et affiche un chiffre d’affaires supérieur à 5 milliards d’euros, incarnant un pilier discret mais essentiel de l’industrie européenne.
La stratégie d’Imtech repose alors sur une croissance rapide par acquisitions, financée par l’endettement et soutenue par une image de solidité technique. Sous la direction de Gerard van de Aast, nommé CEO en 2012, le groupe cherche à restaurer la confiance après des premiers signaux de fragilité financière, tout en poursuivant des projets d’envergure à l’international.
Mais en 2013, l’édifice commence à se fissurer brutalement. Des enquêtes internes révèlent de graves irrégularités comptables au sein de la filiale allemande d’Imtech, notamment sur de grands projets en Pologne, où des revenus fictifs et des créances inexistantes avaient été enregistrés pour masquer des pertes massives. Ces manipulations font apparaître un trou financier de plusieurs centaines de millions d’euros, déclenchant une crise de confiance immédiate des investisseurs et des banques.
Malgré des augmentations de capital d’urgence, des ventes d’actifs et des plans de restructuration successifs, Imtech ne parvient pas à enrayer l’hémorragie. La découverte progressive d’autres dysfonctionnements internes, combinée à un niveau d’endettement devenu insoutenable, entraîne l’effondrement de la valeur boursière du groupe et l’assèchement de ses financements. En août 2015, Imtech est placé en faillite aux Pays-Bas, entraînant la liquidation ou la cession de la majorité de ses filiales européennes.
La chute d’Imtech illustre comment un conglomérat industriel apparemment solide peut s’écrouler rapidement lorsque la croissance est soutenue par des pratiques comptables frauduleuses et une gouvernance incapable de détecter et de corriger les dérives internes.
leçons à tirer
L’effondrement d’Imtech rappelle que dans les groupes industriels complexes, la croissance par acquisitions et par endettement devient extrêmement dangereuse lorsque la gouvernance, le contrôle interne et la transparence comptable sont sacrifiés, car une fraude localisée peut contaminer l’ensemble du groupe et provoquer un effondrement systémique.
Acteur — Organisation
Acteur principal : Gerard van de Aast, CEO d’Imtech de 2012 à 2015
Organisation : Royal Imtech N.V., conglomérat industriel néerlandais spécialisé dans les services techniques et l’ingénierie
Période
Expansion européenne rapide : années 2000 – 2011
Découverte des fraudes comptables : 2013
Crise financière et restructurations : 2013 – 2015
Faillite : août 2015
Sources
Image de https://content.presspage.com/uploads/2743/1920_FVB150317-01-316239.jpg?10000
https://www.lesechos.fr/2015/08/faillite-retentissante-dun-geant-des-services-aux-pays-bas-252360
https://batichronique.be/actu-societe/imtech-des-effets-d-une-faillite-2689

