Histoire
Créée en 1991, Altifibers s’impose progressivement comme le leader mondial de la transformation industrielle de la fibre de lama, en reliant les éleveurs andins boliviens aux maisons de textile et de luxe internationales. Pendant plusieurs années, l’entreprise construit un savoir-faire reconnu, investit dans des infrastructures industrielles et développe des circuits d’exportation exigeants.
Au fil du temps, la croissance d’Altifibers repose sur une stratégie d’expansion soutenue par l’endettement, visant à augmenter les capacités de production, à moderniser les équipements et à renforcer sa présence sur les marchés internationaux. Cette trajectoire suppose une stabilité durable de la demande mondiale pour les textiles haut de gamme.
C’est dans cette phase de maturité, marquée par des engagements financiers élevés, que Humberto J. Bohrt prend la direction opérationnelle de l’entreprise. Son rôle n’est plus celui d’un bâtisseur de filière, mais celui d’un gestionnaire chargé de piloter une structure devenue lourde, fortement endettée et exposée à l’export.
À partir des années 2010, le contexte se dégrade progressivement. Le ralentissement du marché du luxe international, la volatilité des prix, l’augmentation des coûts financiers et les tensions sur la trésorerie fragilisent l’équilibre économique d’Altifibers. Malgré des tentatives de restructuration et d’ajustement, la charge de la dette devient de plus en plus difficile à absorber.
Au début des années 2020, l’entreprise ne parvient plus à honorer durablement ses engagements financiers. La combinaison d’un surendettement massif, d’une dépendance excessive à un marché international instable et de marges structurellement limitées conduit inexorablement à l’impasse.
En 2024, Altifibers est placée en liquidation, mettant fin à plus de trente ans d’activité industrielle. Humberto J. Bohrt incarne ainsi la figure du dirigeant confronté à une équation économique devenue insoluble, héritée d’une stratégie d’expansion ambitieuse mais vulnérable aux chocs externes.
Leçons à tirer
L’échec d’Altifibers rappelle qu’un leadership mondial de niche ne protège pas contre les risques financiers. Lorsqu’une entreprise industrielle dépend fortement de l’export et du luxe, l’endettement peut accélérer la croissance, mais devient fatal lorsque le cycle se retourne. La phase de gestion est alors décisive, mais parfois insuffisante pour corriger des fragilités structurelles anciennes.
Auteur et organisation
Dirigeant de la phase finale : Humberto J. Bohrt
Entreprise : Altifibers
Pays : Bolivie
Secteur : Textile / Fibres naturelles / Luxe
Nature : Échec industriel (liquidation)
Période
1991 - 2024
Sources
Image : image de eduprobiz

