Comment Ynsect, start-up française de protéines animales devenue licorne en 2020, sous la direction du cofondateur Antoine Hubert, s'est effondrer en 2023 face à des coûts industriels trop élevés et une rentabilité impossible à atteindre ?

Create:
Author: IAredac
Node read time
3 minutes
Antoine Hubert Cofondateur d'Ynsect

Histoire 

Fondée en 2011 par Antoine Hubert, Alexis Angot et Jean-Gabriel Levon, Ÿnsect se donne pour mission révolutionnaire de produire des protéines animales à base d’insectes principalement du ver de farine destinées à l’alimentation animale, aux engrais organiques et potentiellement à la nutrition humaine. L’entreprise se positionne comme un fleuron de l’agritech européenne, mêlant technologie, biologie et automatisation industrielle.

Grâce à une narration forte sur la transition écologique, l’économie circulaire et la durabilité, Ÿnsect attire des investisseurs majeurs et réalise plusieurs levées de fonds spectaculaires. En 2020, la start-up devient officiellement licorne, après avoir levé plus de 372 millions d’euros pour construire ses « fermes verticales » d’insectes. Le site d’Amiens, présenté comme la plus grande ferme d’insectes au monde, symbolise l’ambition d’industrialiser une technologie encore jeune.

Mais derrière cette vision futuriste, un problème structurel émerge : les coûts sont colossaux. La construction des fermes automatisées, la robotisation, les process biologiques complexes et la température nécessaire à l’élevage des larves créent un modèle extrêmement capitalistique. Les promesses commerciales, elles, ne suivent pas. Les volumes vendus restent faibles, les débouchés encore émergents, et les prix de vente ne couvrent pas les coûts.

En 2022–2023, les signaux d’alerte s’accumulent : retards industriels, surcoûts, restructurations, licenciements, gel de projets, chute des recettes. Ÿnsect ne parvient pas à atteindre la rentabilité nécessaire pour soutenir son expansion, malgré un marché prometteur et un discours aligné avec les enjeux environnementaux.

En 2023, l’entreprise s’effondre financièrement : elle ferme des sites, réduit drastiquement sa taille et tente de se recentrer. La valorisation s’évapore, les perspectives d’expansion s’écroulent, et la licorne française devient l’exemple d’un modèle trop ambitieux pour ses capacités réelles.

leçons à tirer

L’échec de Ÿnsect montre qu’une innovation écologique majeure ne suffit pas à garantir la viabilité économique. Lorsqu’une start-up s’enferme dans un modèle industriel trop lourd, trop coûteux et trop dépendant d’investissements permanents, l’innovation devient un fardeau plutôt qu’un avantage. Pour durer, une entreprise doit aligner sa vision avec la réalité opérationnelle : il ne s’agit pas seulement de révolutionner un marché, mais de le faire à un coût soutenable. Ÿnsect rappelle aussi que la quête du statut de licorne peut pousser à des expansions précipitées, déconnectées des conditions réelles du marché.

Acteur — Organisation 

Acteur principal :
Antoine Hubert Cofondateur & CEO de Ÿnsect, porteur de la vision industrielle et écologique du projet.

Organisation :

Ÿnsect Start-up française spécialisée dans la production de protéines animales à base d’insectes via des fermes verticales automatisées.

Période clé :

Création : 2011
Accélération et levées massives : 2017–2020
Statut de licorne : 2020
Crise industrielle et financière : 2022
Effondrement opérationnel : 2023

Sources 

Image de https://medias.reussir.fr/agra-innovation/styles/facebook/azblob/2024-06/antoine_hubert_ericgarault.jpeg.webp?itok=EuZp1wjQ 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/12/03/clap-de-fin-pour-ynsect-la-start-up-de-proteines-animales-nourrie-aux-levees-de-fonds-et-aux-subventions_6655855_3234.html 

https://www.maddyness.com/2025/12/02/ynsect-clap-de-fin-pour-lex-fleuron-industriel-de-la-french-tech/ 

https://www.lefigaro.fr/societes/le-tribunal-de-commerce-prononce-la-liquidation-judiciaire-d-ynsect-pionniere-dans-l-elevage-d-insectes-20251202 

Echec ou Réussite
Période
-
Structure / Organisation