Histoire
L'ascension de la compagnie débute réellement en 2010 lorsqu'OceanAir est renommée Avianca Brasil, bénéficiant de l'image de marque de la holding Synergy Group. Germán Efromovich adopte une stratégie de croissance par l'endettement, commandant des dizaines d'appareils de dernière génération pour concurrencer les leaders LATAM et GOL. En 2017, la compagnie détient environ 13 % de part de marché au Brésil et transporte plus de 12 millions de passagers. Malgré ces chiffres opérationnels flatteurs, la structure financière de l'entreprise est minée par des coûts fixes exorbitants et une exposition dangereuse aux fluctuations du dollar.
La situation se dégrade brutalement entre 2018 et 2019. Les dettes de la compagnie explosent pour atteindre 2 milliards de réais (environ 500 millions de dollars à l'époque). En décembre 2018, incapable de faire face aux échéances de paiement des loyers de ses avions, Avianca Brasil se place sous la protection de la loi sur les faillites (Recuperação Judicial). La crise de liquidités empêche le dirigeant de maintenir l'exploitation : les sociétés de leasing, dont Aircastle et GE Capital Aviation Services, entament des procédures de saisie pour récupérer leurs appareils.
En 2019, la flotte passe de 50 avions à seulement quelques unités en quelques semaines, provoquant l'annulation de milliers de vols. Les tentatives de vente des créneaux aéroportuaires (slots) à des concurrents comme Azul ou LATAM échouent en raison de blocages juridiques et réglementaires. En mai 2019, l'agence nationale de l'aviation civile (ANAC) suspend officiellement toutes les opérations de la compagnie pour des raisons de sécurité et d'insolvabilité. Le groupe d'Efromovich perd alors le contrôle de son actif principal, marquant la fin de la quatrième plus grande compagnie aérienne du pays.
Leçons à tirer
L'effondrement d'Avianca Brasil sous l'ère Germán Efromovich souligne le danger d'une expansion déconnectée des flux de trésorerie réels. Pour les dirigeants, ce cas démontre qu'une part de marché croissante ne garantit en rien la pérennité si la structure de capital repose exclusivement sur des leviers d'endettement externes et des engagements de leasing rigides. L'échec réside dans l'incapacité à anticiper les retournements macroéconomiques alors que les charges fixes étaient libellées en devises fortes. Ce dossier rappelle aux décideurs que la discipline financière et la gestion prudente de l'exposition au change sont tout aussi cruciales que la qualité du service client ou la modernité de l'outil de production.
Auteur et organisation
Dirigeant : Germán Efromovich (Président du conseil d'administration et propriétaire de Synergy Group).
Entreprise : Avianca Brasil (OceanAir Linhas Aéreas S.A.).
Secteur : Transport aérien.
Performance : Dette de 500 millions $ ; Retrait de 50 avions par les créanciers ; Liquidation judiciaire.
Innovation clé : Introduction d'un modèle de service "premium" sur les vols domestiques brésiliens.
Période
1998 – 2019
Sources

