Histoire
En 1968, l'économie algérienne est étatique. Un jeune homme issu d'une famille modeste de Kabylie ouvre un modeste bureau d'expertise comptable. Ce jeune homme s'appelle Issad Rebrab.
D'abord enseignant en comptabilité et en droit commercial, il quitte rapidement l'enseignement pour se lancer dans les affaires.
En 1971, un client lui propose de prendre des parts dans une petite société de construction métallique, la Sotecom. Rebrab saisit l'opportunité, prend le contrôle de l’entreprise et applique sa règle d'or : « Voir grand, commencer petit et aller vite ». Il fonde ensuite Profilor en 1975 puis Metal Sider en 1988, tout en développant des activités dans la métallurgie et la sidérurgie grâce à des contrats avec de grandes entreprises publiques algériennes. Chaque bénéfice est réinvesti pour accélérer sa croissance.
En 1995, la tragédie frappe. En pleine décennie noire, des attentats terroristes détruisent ses installations industrielles majeures. En un instant, il perd 90 % de ses actifs et doit s'exiler temporairement en France. Beaucoup auraient abandonné. Pas lui.
De retour au pays, il rassemble ses forces et fonde Cevital en 1998, qui deviendra le plus grand conglomérat privé d'Algérie. Il change de stratégie et se tourne vers les produits de première nécessité. Il bâtit à Béjaïa la plus grande raffinerie de sucre et d'huile d'Afrique. En quelques années, le groupe permet à l'Algérie de passer d'importatrice nette à exportatrice majeure sur ces produits. Son groupe se diversifie ensuite dans la distribution, le verre, l’automobile, la logistique, la sidérurgie et l'électroménager, en s'appuyant sur une stratégie d'intégration verticale qui lui permet de maîtriser toute la chaîne de production. À l'international, Issad Rebrab rachète plusieurs entreprises européennes en difficulté, dont la marque française Brandt en 2014.
Malgré des tumultes politiques récents et des démêlés judiciaires après 2019, la vision initiale de l'expert-comptable a triomphé. Issad Rebrab a prouvé qu'un empire indépendant des hydrocarbures pouvait naître en Algérie. Il s'est imposé comme la première fortune du pays et a fait de Cevital un modèle de réussite industrielle sur trois continents.
Leçon à tirer
Issad Rebrab n’a jamais cherché le succès rapide. Il a construit un empire en partant de rien, avec une stratégie basée sur l’industrialisation, la diversification et l’intégration verticale. Il a su investir dans des secteurs clés pour l’économie algérienne, comme l’agroalimentaire et l’industrie.
Sources
Image de https://businessempires.africa/from-rags-to-riches-issad-rebrabs-story-of-tenacity/
https://www.youtube.com/watch?v=GhKBHbeKV7Y
https://www.forbes.com/profile/issad-rebrab/
https://www.forbesmiddleeast.com/lists/worlds-richest-arabs-2023/issad-rebrab-family/
https://www.forbesmiddleeast.com/lists/richest-billionaires/issad-rebrab-family/
https://www.forbesmiddleeast.com/lists/top-100-arab-family-businesses-2025/cevital-group/
https://www.leconomistemaghrebin.com/2014/04/17/rachat-fagorbrandt-cevital/
https://www.jeune-independant.net/rebrab-etre-toujours-leader/
https://medias-dz.com/presse/journal-liberte/
https://twala.info/fr/fil-dactualite/liberte-va-cesser-de-paraitre/

