Histoire
Fondée en 2017 par Steve Weston, ancien dirigeant de Barclays et de valeurs sûres du secteur bancaire, Volt Bank devient en mai 2018 la première startup fintech à obtenir une licence bancaire restreinte (RADI) délivrée par l’APRA, avant de recevoir une licence bancaire complète en janvier 2019.
Cela marque un tournant : la banque australienne s’ouvre enfin à la concurrence numérique.
Volt se distingue par un positionnement clair :
une banque sans agences, 100 % mobile,
des frais simplifiés,
des outils de gestion financière intégrés,
une ergonomie pensée pour les jeunes et les travailleurs urbains,
un modèle de “Banking as a Service” destiné à permettre à d’autres entreprises de proposer des services bancaires via l’infrastructure de Volt.
L’entreprise lève plusieurs dizaines de millions de dollars et noue des partenariats stratégiques. À son apogée, Volt compte plus de 5 700 clients et environ 113 millions AUD de dépôts.
Cependant, à partir de 2021, plusieurs obstacles structurels apparaissent :
1- Une levée de fond critique échoué
Volt cherchait à lever environ 200 à 250 millions AUD pour accélérer sa croissance.
La négociation avec un investisseur stratégique majeur échoue au dernier moment, créant un déficit de capital nécessitant une décision rapide.
2- Une croissance trop lente pour justifier les couts règlementaires
Être une banque à part entière en Australie implique :
des exigences de capital très élevées,
des coûts IT massifs,
une conformité stricte.
Volt ne parvient pas à atteindre l’échelle suffisante pour couvrir ces charges.
3- Une concurrence féroce des grandes banques
Contrairement au Royaume-Uni, le marché australien est dominé par un oligopole solide :
Commonwealth Bank
Westpac
ANZ
NAB
Ces acteurs répliquent rapidement aux innovations de Volt avec leurs propres applications modernisées et budgets marketing colossaux.
Avec l’absence de capital et une pression accrue des régulateurs, Volt n’a plus de marge de manœuvre.
En juin 2022, elle annonce :
la fermeture immédiate du service bancaire,
la restitution de sa licence,
le remboursement complet des dépôts clients sous supervision de l’APRA.
L’aventure de la première néobanque australienne se termine alors, laissant un précédent important pour l’industrie fintech du pays.
Leçons à tirer
Volt Bank démontre un principe essentiel du secteur bancaire : l’innovation ne suffit pas si elle n’est pas soutenue par un capital massif et une échelle rapide.
Les néobanques qui entrent sur un marché fortement concentré doivent se préparer à :
d’importantes exigences réglementaires,
une compétition financière lourde,
une croissance rapide indispensable pour atteindre la rentabilité.
L’échec de Volt n’est pas technologique, mais structurel : manque de capital, lenteur de croissance et un marché dominé par des acteurs historiques puissants.
Auteur et organisation
Steve Weston Fondateur et CEO
Création : 2017
Régulateur : APRA (Australian Prudential Regulation Authority)
Licence bancaire complète obtenue en : janvier 2019
Fermeture annoncée : juin 2022
Activité : full-digital retail banking + Banking-as-a-Service
Clients : 5 730 au moment de la fermeture
Dépôts remboursés : 113 millions AUD
Période
2017 - 2022
Sources
https://www.bankingday.com/volt-founder-opens-up-on-bank-demise
https://www.retailbankerinternational.com/news/neobank-volt-to-close-business/

